Le programme annoncé était clair. Il s’agissait d’un road trip en mode
roots. Soit beaucoup de kilomètres, des paysages de rêve et une règle
de vie à la « marche ou crève ». On n’attend pas les retardataires, il
n’y a pas d’organisation en dehors d’un roadbook ,on est pas là pour
musarder, va falloir rouler. Bon la différence avec le roots bien connu
du club étant que non désolé pas de camping. A nos âges canoniques il
fallait préserver les pilote ne serait ce que pour la sécurité.
Force
est de constater que malgré toutes limitations posées des fous ont osé
s’inscrire et force est de constater que tout s’est déroulé à merveille.
Jour 1
Pour
le jour 1 sachant que je ne savais pas encore comment la journée
s’organiserait ni d’où viendraient les participants, le rendez-vous
était fixé directement dans la vallée de la Loue à Ornans. De notre côté
nous avions décidé de quitter la RP par l’autoroute A5 jusque Troyes
puis de rejoindre la vallée de la Loue à côté de Besançon par les
petites routes. Le chemin longe la vallée de la Seine et est absolument
magnifique. Il s’agit d’anciennes routes moyenâgeuses ou d’anciennes
nationales roulantes désertées depuis l’ouverture d’autoroute. Si bien
que ce voyage dans l’espace est aussi un voyage dans le temps dans des
villages et bourgs qui sont restés dans le jus de leur époque. J’avais
annoncé dans la matinée une arrivée vers 19h préférant garder devers
mois une certaine marge de manœuvre plutôt que d’arriver en retard ce
dont j’ai horreur. Mais c’est finalement vers 18h que arrivons à
l’étape. Nous y retrouvons Helios33 et madame et MX5Dream. Helios33 n’a
pas pu s’empêcher de passer son temps à la station de lavage pour
astiquer la ND.
Grâce à MX5Dream nous apprenons que l’office de
tourisme vend des vignettes autoroute Suisse. Chouette c’est du temps de
gagné pour demain matin.
Nous partons en virée en ville et entamons
une tournée des bars (2…) puis nous faisons connaissance au dîner
délicieux de la table de Gustave. Nous décidons sagement d’aller nous
coucher tôt car demain la journée est longue.
Jour 2
Ouch le
réveil est horrible. J’ai passé ma nuit sur les toilettes avec des
coliques pas possibles. Heureusement je ne voyage jamais sans ma
pharmacie de survie et j’espère que la chimie va me permettre de passer
la journée. J’ai tout de même durant la nuit penser à tout annuler mais
le fait de savoir que l’équipe compte sur moi pour ce WE m’a permis de
surpasser cette nuit blanche.
La météo est idéal. Ciel bleu et pas trop chaud.
Nous
commençons la journée en faisant les pleins des réservoirs et des glacières
pour le pique-nique et sur la suggestion de Gaëtan ou de Kurviger ? nous
agrémentons le début de journée par une belles étape dans le Jura. Cela
ajoute 20 min à l’itinéraire qui fait déjà 9h de roulage mais c’est
tellement beau que ça vaut la peine. Je reprends la main sur le guidage à
notre entrée en Suisse qui commence par une longue purge autoroutière
en essayant de passer sous les radars. La route qui longe Interlaken est
tout de même un ravissement. Comme prévu arrivons sur zone vers midi et
demi et à 13h pile nous sommes en station dans la montée du Grimsel
pour le pique nique. Chacun y va de sa spécialité charcutière ou
fromagère acheté ce matin et nous regardons passer juste à nos pieds
voitures et motos de sport. Après une courte sieste nous entamons la
partie ludique de la journée.
Dès le sommet du Grimsel qui au passage
est un véritable circuit automobile on est saisi "au trip" par le paysage
qui s’ouvre sur la vallée avec en face le Furka. On s’arrêterait bien
tous les 500 m pour prendre des photos mais la règle de roulage fixée en
commun est stricte. On roule !
Passe alors le Saint Bernard avec
la descente par l’ancienne route pavée. C’est toujours un peu le bordel
dans la descente car l’ancienne route et la nouvelle se chevauchent et
se croisent au point que le GPS s’y perd un peu parfois. Puis nous
entamons une transition un peu longue pour rejoindre le San Bernardino.
Ah oui mais c’est ballot il est fermé pour une raison que j’ignore peut
être une course cycliste ou autre ? Bref on shunte par le tunnel et on
passe en direct au Spluggen Pass.
Comme on s’est fait chier et suer
comme des rats morts sur l’autoroute, la montée est bien saignante pour
réveiller tout le monde. Le bitume est lisse et on s’amuse comme des
fous à faire drifter les voitures. Le ton est donné pour le reste de la
journée. Perso j’adore la descente du Spluggen qui tournicote à n’en
plus finir dans une pente assez incroyable. Si vous ne savez pas tourner
un volant de butée à butée rapidement c’est le moment d’un
apprentissage accéléré …. Ou le temps du rail !
Le val Bregaglia
marque l’entrée dans une zone magique. Dès la frontière Suisse franchie à
nouveau c’est le Maloja qui s’annonce. Je ne sais pas pourquoi mais à
chaque fois que je passe là il se passe un truc incroyable. Je ne sais
pas si c’est le paysage somptueux ou le bitume lisse ou l’air léger,
mais dès les gêneurs doublés (un bus en l’occurrence) je fais toutes les
épingles en glisse à fond de première. Quelle rigolade dans la voiture.
Nous
arrivons sur le lac de Silvaplana ça tombe bien il est l’heure de
mettre des glaçons dans le caleçon. Nous faisons une pause en admirant
le panorama.
Puis nous rejoignons rapidement Saint Moritz, la montée
vers le Bernina Pass et après un dernier passage de frontière le forcola
de Livigno.
L’arrivée à l’agriturismo de la Trescenda à Livigno est
charmant. Un immense chalet moderne en bois et des chambres immenses
nous attendent. Nous commandons un verre pour l’apéro et il est
gentiment accompagné d’un plateau de charcuterie et fromage offert par
la maison. Le ton est donné pour le repas qui s’avérera aussi fin que
roboratif.
Je me couche épuisé.
Jour 3
Après une bonne nuit
de sommeil et un réveil pas trop matinal nous entamons le petit
déjeuner avec une vue sur le ciel bleu. MX5dream qui ne dormait pas au
même endroit que nous a profité de la fin de soirée d’hier pour explorer
Livigno. Il a trouvé une station de lavage la NC est rutilante. Il a
également trouvé une station-service qui distribue de l’essence à 100
d’octane. Nous profitons des prix détaxés pour remplir les réservoirs (1
euros le litre…) et pour préparer le pique nique. Au programme
aujourd’hui le Stelvio par les 3 faces et une boucle en Engadine. Nous
faisons une première montée au Stelvio par la route encombrée de Bormio.
Vélos, voitures, camping car, les évitements au bord du précipices sont
assez pénibles. Nous faisons un bref arrêt au sommet le temps d’un café
et nous redescendons par l’Umbrail que j’adore. Le versant est sauvage
du haut en bas et sur la partie basse dans la forêt la route mono-trace
est hyper ludique et les épingles ultra serrées. Comme la descente se
fait sans gêneur et ce fût une sympathique arsouille. On tourne autour
du Stelvio via la vallée de Resia et on entame « la » fameuse montée du
Stelvio. Celle des 48 épingles, celle de Trafoi. Elle était fermée
jusqu’à il y a peu car il y avait une des épingles qui avait été
emportée par une coulée de boue. Mais c’est réparé. Ca tombe bien nous
rejoignons un anglais avec une jolie GT3RS qui a décidé d’avancer un
peu.
Il est presque midi et la route est un peu plus fluide que tout à
l’heure dans la montée de Bormio. Avec la conduite à droite notre
anglais est un peu en galère pour la visibilité dans les épingles à
droite ma sa passagère donne des indications et sur les gauche il a
meilleure vue que nous.
Ah bien saignante cette montée ! Si la
Porsche nous décroche quand la ligne droite est trop longue, on le
reprend systématiquement sur les freins et en sortie de courbe. Jamais
je n’avais monté Trafoi en drift car je n’avais jamais eu un ouvreur
digne de ce nom devant et c’était vraiment très fun.
Pause pique
nique au sommet. Tandis que certains profitent des sandwich
saucisses/choucroute locale, les autres sortent les victuailles. Au
final le patron de le terrasse finira par nous virer mais peu importe
nous avions fini.
Quand on aime on ne compte pas et comme je suis
gourmand j’aime beaucoup. Deuxième descente par l’Umbrail et deuxième
gavade d’épingles.
Puis nous filons sur l’Offen Pass. Je l’aime bien
celui-ci car au contraire du Stelvio il est désert et très roulante. Ici
point d’épingles mais plus des courbes. On place la voiture en appui
entre la paroi et le rail. Séquence émotion ! S’en suit la montée
bucolique vers l’Albula qui débute dans les prés et finit dans les
alpages puis dans le minéral. La descente quoi fortement bosselée donne
l’impression d’évoluer dans une maquette ferroviaire avec le train qui
fait des 8 autour de la route. On revient vers Silvaplana via le Julier
Pass qui est un vrai circuit bien lisse et large où on peut facilement
doubler.
Au passage en Suisse pour doubler il n’y a qu’une seule
technique possible. Il faut terrasser l’adversaire par surprise, ne
laisser aucune possibilité de réagir sans quoi il va tout faire pour
vous empêcher de passer. Mode je -prends les freins comme un goret à
l’épingle- ou -je passe à fond sur l’intérieur d’une courbe- obligatoire.
Même si vu de derrière ça parait parfois plus impressionnant que
réellement dangereux.
Apéro à nouveau à Silvaplana avec la vue puis retour à Livigno juste à temps avant que les magasins ne ferment.
Ce
soit nous allons dîner à l’hôtel de MX5Dream il faut dire que la
perspective d’un Spritz offert a emporté la décision. Mais au final nous
dînons royalement de plats italiens pour un prix tout à fait
raisonnable.
Nous quittons non sans émotions MX5Dream ce soir car
demain il a plus de 1500 bornes à faire pour rentrer et il a sagement
décidé de partir dès 7h du matin.
Jour 4
Comme nous n’avons «
que » 950 bornes à faire. Mais surtout car le petit déjeuner n’ouvre
que à 8h nous décollons encore une fois sous le soleil vers 9h.
Un
dernier plein à pas cher à Livigno et nous filons vers le nord via le
tunnel au bout du lac. Ooops j’avais oublié qu’il est payant celui-ci 14
euros quand même de quoi presque manger le bénéfice du plein.
Nous
reprenons alors l’Albula pour rejoindre et remonter la vallée du Rhin
jusqu’à sa source dans l’Oberalp. Nous décidons non sans mal sur le
choix de l’endroit idéal de nous arrêter dans la montée de l’Oberlap. Le
pique nique a lieu en plein dans les alpages avec de jolies montagnes
tout autour. La descente rapide de l’Oberalp nous mène à Andermatt puis
nous descendons le Gothard vers Wassen. Nous voici au pied du SustenPass
qui est comme une apotéose de tout ce que nous avons vécu de ce voyage.
La route est incroyable et technique. Le paysage et le glacier sont
juste ébouriffant, époustouflants etc …Le rythme de la montée est
comment dire : enlevé ?
Arrivé au pied du Susten après une descente
un peu pénible derrière un anglais en BMW qui a l’art de se trainer en
virage mais de ré accélérer dans les bouts droits nous empêchant de
passer. (comme quoi il n’y a pas que les Suisses). La traversée de la
Suisse jusqu’à la frontière est une purge auto routière qui a mérité une
bonne pause café pour ne pas s’endormir. Mais dès le passage de la
frontière française à l’heure de pointe du retour des frontaliers, le
GPS nous offre une dernière et inattendue surprise. Plus d’une heure de
départementales pour traverser le Jura et pour rejoindre l’autoroute le
tout dans la chaude lumière de fin d’après midi. Nous faisons nos adieux
à Helios33 lors d’une dernière pause carburant sur l’autoroute qui nous
remonte vers Paris.
Quel superbe voyage !
Et quel plaisir de le partager avec des potes du club.
Clairement à 3 voitures c’était idéal. A plus les dépassements auraient posé beaucoup de problèmes.
A retenir :
-les MX5 ont encore joué leur rôle de compagne de ballade idéale
-top down tout le WE
-aucun soucis de fiabilité
-et encore moins de sécurité
-un groupe de rouleurs motivés et compact
-les raccourcis et les bons tuyaux de MX5Dream
-les étapes de Ornans et de Livigno validées pour le confort
-peu de photos prises durant le WE car on a passé le temps à rouler
-….
On espère que les Suisse n’en auront pas trop pris de nous on a quand
même quelques doutes certains semblent avoir vu des éclairs