Et oui, tout arrive !
Cette fois-ci, on a dû remiser les grosses bécanes au garage : impossible d'embarquer les flats dans la limite stricte des 23 kg de bagages autorisés par la compagnie aérienne.
À l'arrivée de ce long marathon dans les airs, la cavalerie nous attendait de pied ferme : deux bons vieux monstres de puissance... deux scooters Honda SH 125 ! Plus de 53 000 km au compteur, un âge vénérable non identifié, mais une santé de fer. Force est de constater que les pépères tournent comme des horloges. Leurs grandes roues font des merveilles : pilotage d'une facilité déconcertante et confort royal sur des bitumes locaux qui ont parfois bien vécu. On a eu beau essorer la poignée comme de sourds, impossible d'affoler la jauge : consommation bloquée sous la barre des 3 litres aux cent ! Résultat des courses ? Avec un billet de 12 € par jour, on fait cavaler notre duo de destriers à travers toute l'île.
L'île, parlons-en ! On est partis la fleur au fusil, zéro a priori, nez au vent. J'avais choisi la destination un peu au pif, sur un coup de tête après avoir vu passer une pub. Et derrière, je m'étais bien gardé de potasser le sujet. Quitte à se payer un voyage clé en main, autant garder l'effet de surprise, le goût de l'inconnu et la fraîcheur du premier regard.
Première claque en débarquant à Ponta Delgada : la ville est en pleine ébullition ! Ce week-end de mai, c'est la fête du Santo Cristo dos Milhagres — le saint patron chargé de tenir le volcan à carreau. Au programme : une procession monumentale à travers des rues transformées en œuvres d'art, tapissées de motifs floraux et de copeaux colorés. Chaque corporation de l'île défile en grande tenue, cuivres et tambours en tête pour escorter la statue. Le truc est tellement sacré ici que c'est retransmis en direct à la télé nationale ! Le soir, ambiance de folie : food trucks, fanfares et liesse populaire, toutes les générations se retrouvent dans les rues pour faire la fête.
Côté décors, c'est la claque visuelle permanente entre océan, alpages suspendus et cratères volcaniques. La végétation est d'une opulence dingue, un festival de verts hallucinant ! Ici, les arums poussent à l'état sauvage sur le bas-côté, tandis que les fougères arborescentes et les longoses donnent aux hauteurs un faux air de jungle primaire.
Les routes ? Un pur terrain de jeu. Ça serpente non-stop, tantôt en balcon au-dessus du grand bleu, tantôt à l'assaut des flancs de volcans. On saute de miradouro en miradouro avec des panoramas aériens à couper le souffle sur les caldeiras ou le grand large. Seule petite surprise olfactive au détour d'un virage : l'odeur très "terroir" des campagnes. Il faut dire qu'ici, les vaches sont nettement plus nombreuses que les autochtones !
Dans ce décor, nos deux « scoubites » se révèlent être les compagnons d'aventure absolus. Ça coule en douceur, dans un silence royal, entre 40 et 80 km/h, la truffe au vent et l'esprit libre. Tu veux t'arrêter prendre une photo ? Tu te gares sur un timbre-poste, en ville comme sur le bas-côté. Leur maniabilité diabolique fait des merveilles dans les ruelles étriquées ou lors des descentes vertigineuses vers de minuscules ports de pêche totalement impraticables en caisse.
Enfin, entre mer et montagne, les assiettes ne sont pas en reste. La gastronomie locale fait s'affronter le meilleur de la pêche et le top de la ferme dans de petites adresses authentiques. L'accueil y est toujours chaleureux, souriant et polyglotte. Bref, un régal sur toute la ligne !
Here is the English translation, keeping the fun and dynamic tone:
Well yes, it happens!
This time, we had to leave the big bikes in the garage: no way to pack the flat-twins within the airline's strict 23 kg luggage limit.
Upon arrival after this long journey in the air, our fleet was waiting for us: two good old powerhouses... two Honda SH 125 scooters! Over 53,000 km on the clock, an unidentified venerable age, but in bulletproof health. Truth be told, the old boys ran like clockwork. Their large wheels worked magic: ridiculously easy handling and royal comfort on local asphalt that had seen better days. No matter how hard we pinned the throttle, the fuel gauge wouldn't budge: consumption stayed locked below the 3-liter mark per 100 km! Bottom line? For a €12 bill a day, we had our pair of steeds galloping across the entire island.
Now, let's talk about the island! We set off completely blind, zero expectations, throwing caution to the wind. I picked the destination pretty much on a whim after seeing an ad. From there, I deliberately avoided doing deep research. If you're buying a ready-made trip, you might as well keep the element of surprise, the taste of the unknown, and a fresh pair of eyes.
First shock when landing in Ponta Delgada: the city was in full party mode! This May weekend was the Festas do Santo Cristo dos Milagres—the patron saint tasked with keeping the volcano in check. On the agenda: a massive procession through streets turned into works of art, carpeted with floral patterns and colored wood shavings. Every guild on the island marched in full uniform, brass and drums leading the way to escort the statue. The event is so sacred here that it’s broadcast live on national TV! In the evening, the atmosphere was electric: food trucks, brass bands, and street celebrations, with every generation gathering to party.
Scenery-wise, it’s a non-stop visual slap between ocean, hanging alpine pastures, and volcanic craters. The vegetation is insanely lush—a mind-blowing festival of green! Here, calla lilies grow wild on the roadside, while tree ferns and ginger lilies give the heights the feel of a primary jungle.
The roads? Pure bliss. It’s a twisty playground, sometimes clinging to cliffs high above the deep blue, sometimes charging up the flanks of volcanoes. We hopped from miradouro to miradouro with breathtaking aerial views over calderas or the open sea. The only small olfactory surprise around a bend was the very "earthy" scent of the countryside. Mind you, cows outnumber the locals by a landslide here!
In this setting, our two "scooters" proved to be the ultimate sidekicks. Smooth sailing, in royal silence, cruising between 40 and 80 km/h with the wind in our faces and total freedom. Want to stop for a photo? You park on a postage stamp, in town or right on the shoulder. Their devilish maneuverability worked wonders in tight alleyways or on dizzying descents down to tiny fishing harbors completely inaccessible by car.
Finally, nestled between sea and mountain, the food didn't play second fiddle either. Local gastronomy pitted the best of the catch against the top of the farm in authentic little spots. The welcome was always warm, smiling, and multilingual. In short, an absolute treat all round!