La Transfăgărășan vaut-elle le détour à elle seule ?
Sûrement pas. Enfin... sauf si croiser un ours « sauvage » au bord du bitume fait partie de votre bucket list. Ça y est, nous faisons officiellement partie du club très fermé de ceux qui ont vu l'ours !
Au passage, avis aux amateurs : nourrir les nounours locaux, c’est 3 000 € d’amende. Les gardes forestiers veillent au grain... tout en restant prudemment planqués à 500 mètres des bêtes. Protéger la faune sauvage ou booster le tourisme : le débat fait rage en Roumanie !
Mais alors, le but du voyage est-il le voyage lui-même ?
Vous qui aimez le cambouis, la liberté et l'asphalte, vous connaissez déjà la réponse. Ce raid jusqu'en Roumanie, c’était une sacrée tranche de vie. Un immense merci à mes compagnons de route — ma femme, mon cousin et sa copine — d'avoir signé pour cette folie et de m'avoir suivi aveuglément dans l'aventure.
Comme tout bon roadtrip, ça s'est préparé aux petits oignons. L'expérience des précédents voyages m'a bien servi à ménager des plages de respiration et des itinéraires Bis selon les aléas. Sur le terrain, il a fallu s'adapter, mais entre prudence et brin de réussite, les gros pépins nous ont épargnés.
5 800 km de bécane en deux semaines : rincés ou pas ?
Est-ce que c’est dur ? Pas vraiment, si vous avez le fessier en béton et la capacité de rouler 7 heures par jour sans baisser la garde côté sécurité.
Ça se complique nettement quand le thermomètre s'affole. Ma limite personnelle s'arrête à 33 °C... autant vous dire qu'avec plusieurs après-midi à franchir la barre des 40 °C, c'est devenu limite critique. Il faut la santé pour remonter en selle tous les matins et « repartir au charbon ». Heureusement, j'avais calé deux vraies étapes de repos (aller et retour) avec deux nuits au même hôtel pour réussir à souffler.
Côté itinéraire, la trace a balayé du beau monde : Bavière, Autriche, Hongrie, Roumanie, Slovénie, Italie et Suisse, avant d'achever le périple en apothéose dans le col du Susten.
Honnêtement ? D'un point de vue purement motard, la Hongrie et la Roumanie n'offrent pas un intérêt fou. J'ai quand même pris mon pied à filer comme le vent dans la grande plaine hongroise : une sensation très US Coast-to-Coast, la ruine en moins ! Pour le reste, retour en terrain connu avec les Alpes et leurs cols mythiques : vallées verdoyantes, alpages perchés, parois rocheuses verticales... On ne s'en lasse jamais.
Le bilan technique en chiffres
5 849 km au compteur pour 73 h 15 de roulage. Une moyenne bien tassée ! Pour ceux qui bossent aux 35 heures, ça vous pose direct les heures sup'.
79 km/h de moyenne. Un chiffre élevé qui traduit un rythme appuyé et pas mal de kilomètres avalés sur autoroute pour tenir le timing. Mention spéciale aux 734 km abattus lors de l'ultime journée...
Côté mécaniques : La jeunette comme la grand-mère ont encaissé la canicule sans broncher. Bon, la vieille a quand même bu son petit litre d'huile sur la distance, fidèle à sa réputation !
Casueltés : Une seule GoPro portée disparue sur une piste vers la Transalpina, zéro panne mécanique. Merci aux révisions rigoureuses, aux pneus neufs et aux plaquettes fraîches installés avant le départ.
Côté remorque : Rien à signaler pour une fois ! L'attelage V2 renforcé a encaissé le choc sans faillir, zéro bug électrique, et miracle : les pneus sont intacts après 5 800 km et peuvent encore servir. C'est bien la première fois que je vois un train de gomme sur remorque dépasser le cap des 4 000 km !








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